C’est pour moi un grand honneur et une mission importante de présider ce jury et de décerner le Grand Prix Jean Zay Cannes 1939. J’en suis très heureux. D’abord, car le Festival de Cannes a pris une place dans ma vie. Pour moi, comme pour de nombreux cinéastes autour du monde, cette manifestation a contribué à nous faire connaître, nous permettant de continuer à travailler. Ensuite, remonter aux sources du Festival de Cannes, jusqu’en 1939, c’est donner du sens à l’histoire : comprendre que cette manifestation de cinéma est née comme un acte politique, un geste de refus des fascismes, un appel à la diversité et à la liberté dans le contexte de la montée des périls au sein d’une Europe qui va vers la guerre. Cette histoire m’a paru essentielle, car le cinéma, dans mon esprit, mêle des formes et un récit dans la création d’un acte civique, et le meilleur hommage qu’un cinéaste ou un artiste puisse rendre à sa patrie consiste à exercer ce type d’engagement critique, à entrer ainsi en rébellion contre toute pensée autoritaire. C’est pour cela que j’ai accepté de présider ce jury, pour être fidèle à l’action d’un homme politique de culture et d’engagement comme Jean Zay.
— Amos Gitaï, président du jury