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L’enfer des anges

Christian-Jaque

France | 1939 | 1h26

Présenté par Carole Aurouet

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Deux enfants au sort tragique, Lucien et Lucette, se rencontrent dans le Paris misérable de la fin des années 1930. Battu par son père, Lucien est laissé pour mort par ce dernier dans un terrain vague : il se réveille quelques temps après mais a perdu la mémoire. Lucette, orpheline, s’est évadée d’une maison de redressement et fuit la police. Tous deux échouent dans un bidonville de l’est parisien, la cité Henri IV, occupée par une bande d’adolescents abandonnés.

Après Les disparus de Saint-Agil, Christian-Jaque revient sur le thème de l’enfance malheureuse et haute en couleurs avec les interprètes des « Chiches Capons », Serge Grave, Jean Claudio et Marcel Mouloudji. Le récit adopte le ton du mélodrame, opposant symétriquement des figures vicieuses, cherchant à profiter de l’innocence parfaite des deux jeunes protagonistes, Lucien et Lucette, et des figures vertueuses, prodiguant l’amour parental que le sort leur a dénié. Non-crédité au générique, Jacques Prévert, qui travaille bénévolement et anonymement sur le scénario du film, a démontré son engagement contre l’enfance maltraitée. Il donne donc au film une impulsion militante, s’élevant pour défendre une jeunesse délinquante par nécessité et non par choix. Mais le film va être détourné de son propos initial par le régime de Vichy : sorti en salles en 1941, il sera utilisé pour illustrer la misère sociale et la « disparition des valeurs familiales » dans la France du Front Populaire.

« Ce n’est pas du roman, ce n’est pas du mélo, ce n’est pas, non plus, ce qu’aucuns se complaisent à dénommer pompeusement “une tranche de vie”, c’est beaucoup mieux que cela : une succession de faits qui révèlent la tragédie de l’enfance abandonnée, de cette enfance privée de tendresse, qui pousse, seule, au bord du ruisseau, livrée à elle-même, à la grâce de Dieu. L’enfer des anges […] est un film qui bouleverse, qui étreint, qui amuse aussi, car l’enfant n’est pas toujours triste, même dans certaines circonstances pénibles de la vie. » Jean Voiron, Cinémonde, n° 567, août 1939.

Réalisation : Christian-Jaque. Scénario : Pierre Véry et Jacques Prévert (non-crédité). Dialogues : Pierre Laroche et Jacques Prévert (non-crédité). Décors : Paul-Louis Boutié. Musique : Henri Verdun. Photographe de plateau : Léo Mirkine. Production : Émile Darbon. Distribution : Louise Carletti, Jean Claudio, Lucien Gallas, Jean Tissier, Dorville, Bernard Blier, Marcel Mouloudji, Serge Grave, Sylvia Bataille, Fréhel. Durée : 95 minutes. Sortie en France : 13 février 1941.

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