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Seuls les anges ont des ailles

De Howard Hawks

États-Unis | 1939 | 1h41 | VOSTF

Présentation de Marc Cerisuelo

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Bonnie Lee, jeune artiste new-yorkaise de retour de tournée, fait escale dans la petite ville portuaire de Barranca, quelque part en Amérique du Sud. Elle y rencontre un groupe de pilotes d’avion.

Seuls les anges ont des ailes est le second film à gros budget de l’année 1939 pour la Columbia, avec Mr. Smith au Sénat, dont la vedette féminine est aussi Jean Arthur. Les deux films recueillent un véritable succès commercial et une pluie de nominations pour les Oscars. Il s’agit de la seconde collaboration entre Howard Hawks et Cary Grant, après L’impossible monsieur Bébé (1938). Seuls les anges ont des ailes est aussi le film qui révèle Rita Hayworth.

Passionné d’aviation, Howard Hawks fut lui-même pilote pendant la Première Guerre mondiale. Il a déjà réalisé un film sur le sujet, La patrouille de l’aube (1930), qui prend pour cadre la Grande Guerre. Seuls les anges ont des ailes est un hommage à l’époque héroïque des pionniers de l’Aéropostale. Hawks filme les scènes de vol en conditions réelles, insistant sur la fragilité et la grâce de cet « homme mécanique » capable de prouesses impressionnantes.

Mais l’essentiel du film se passe à l’intérieur de l’un des baraquements qui abrite à la fois le lieu commun et le bureau du héros, joué avec toute sa classe par Cary Grant. La tension des scènes de vol rend encore plus intenses les contacts humains du huis-clos. Les genres s’y mêlent allégrement : film d’aventures, comédie romantique, film noir, guerre des sexes. Le spectateur n’échappe pas à l’impression d’un monde sur le point d’exploser, à la veille du second conflit mondial. En dépit du happy end, Seuls les anges ont des ailes parle de la fin d’un monde.

« Dans la vie moderne, l’aviateur est une des plus poignantes figures de héros. Déçu par l’amour, Geoff empêche la femme qui l’a fait souffrir de causer le malheur d’un pilote qui, après une regrettable lâcheté, doit s’exposer aux plus effroyables dangers pour reconquérir l’estime de ses camarades. Puis il se laisse toucher par la tendresse fervente d’une petite compatriote qui a manqué son bateau pour rester avec lui. Mais l’amour ne tient qu’une place secondaire dans l’existence constamment pleine de risques des fondateurs de la ligne. Et Cary Grant est, comme toujours, parfait. » Jean-George Auriol, Pour Vous, n° 554, 28 juin 1939.

Réalisation : Howard Hawks. Scénario : Jules Furthman, William Rankin, Eleanore Griffin et John Taintor Foote. Production : Columbia Pictures. Photographie : Joseph Walker. Musique originale : Dimitri Tiomkin. Décors : Lionel Banks. Montage : Viola Lawrence. Distribution : Cary Grant, Jean Arthur, Rita Hayworth, Richard Barthelmess, Thomas Mitchell, Sig Ruman, Allyn Joslyn, Victor Kilian, John Carroll, Donal Barry. Durée : 121 minutes. Sortie en France : 21 juin 1939.

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